27 Sep

Les attaques répétées contre le PCF visant principalement son Secrétaire national, F. Roussel ont connu un apogée avec la Fête de l'Huma de 2023. 

La Fête de l'Huma 2023 : sus au PCF ! 

Si l'on s'était habitué à la stratégie de culpabilisation menée par LFI à l'encontre du PCF, l'accusant de bloquer sa présence au second tour des élections présidentielles (en 2017 puis en 2022), cette conflictualité de gauche a pris un autre tournant dans le cadre de la NUPES, où le Parti communiste endosse le rôle de bouc émissaire. Sa passivité face à l'hostilité du ténor J.-L. Mélenchon questionne quant à sa stratégie : le PCF hérite-t-il d'une force populaire séculaire, ou n'est-il qu'un reliquat qui aspire à la survie quitte à être humilié quotidiennement par ses pairs ? 

On a bien vu, avec la Fête de l'Huma, combien les autres membres de la NUPES n'ont pas hésité à railler les postures de F. Roussel ou à s'en prendre même aux militants communistes (tout juste bons à "planter des tentes" selon S. Rousseau d'EELV). On a bien vu l'agressivité des adhérents LFI, scandant en rythme "Roussel n'est pas un camarade" ou arborant des t-shirts provocateurs du même registre. On a vu des photos, des postes sur les réseaux sociaux des cadres de LFI ou de EELV qui évoquaient, à demi-voilés, leur mépris pour les positions de F. Roussel, essentialisant les propositions du PCF au "manger français". 

Passons sur ces critiques puériles et malhonnêtes de F. Roussel (l'ouverture de la Coupe du monde de Rugby, largement critiquée par les mêmes idiots utiles du libéralisme culturel et économique, prouve que c'est plus la culture et l'Histoire française qu'ils exècrent que la ligne prônée par F. Roussel). 

L'après-Huma : Roussel trop révolutionnaire vs Roussel trop baba-cool 

L'après-Huma est encore plus savoureux. La période acta une rupture consommée de facto entre la NUPES bourgeoise et citadine de LFI et EELV et le PCF. Les tirs en ordre dispersé des élus de la NUPES à l'encontre du PCF ou de F. Roussel se sont comptés en nombre. Même Ruffin, qui, soit par visée électorale  soit par carriérisme au sein de LFI, est l'un des premier au lendemain de l'évènement à taper sur les doigts du PCF. L'élu de la Somme reprocha au PCF d'être seulement capable de "préparer des punchs". Caron rétorqua pour sa part, en observant le débat avec E. Philippe, "alors, on est plus révolutionnaire?" (venant d'un Versaillais...). 

Rappelons que Mélenchon et ses chiens de garde s'étaient pourtant indignés, quelques semaines auparavant, de l'appel symbolique de F. Roussel à "envahir les préfectures" (face à l'inflation galopante). Notre Insoumis en chef trouvait alors trop violent cette proposition, se rangeant alors paradoxalement dans... l'arc républicain qu'il se plaît à dénoncer à longueur d'année. Qu'il porte des revendications dynamiques ou qu'il aspire au débat républicain dans un cadre respectueux, le PCF s'attire les foudres de LFI. Préparer des putschs ou des punchs, rien n'est bon pour le PCF... 

L'épisode Doriot : une opportunité  

Vient ensuite le récent épisode "Doriot". F. Roussel est comparé à ce funeste collaborationniste par S. Chikirou, carriériste de première ((très) proche de Mélenchon), opportuniste aux dents longues (ex Sarkozyste), arriviste convaincue (une poigne de fer dans les coulisses de la purge de 2017), S. Chikirou est une artisane de l'ombre du revirement idéologique de Mélenchon. 

Cette déclaration n'est pas une erreur. Elle est de sitôt confirmée par Mélenchon lui-même puis par ses lieutenants parvenus (Bompard) ou ses idiots utiles (Boyard). Ce n'est pas une erreur, mais un coup fort qui s'insère dans une stratégie insoumise ancienne et programmée. Il s'agit pour LFI de frapper de l'anathème de la culpabilité le PCF, jouant sur sa prétendue responsabilité dans la défaite électorale aux présidentielles ; le but est ensuite de faire du PCF un paria au sein de la NUPES, tout juste bon à se voir attribuer les erreurs de l'alliance de gauche sans jamais pouvoir récolter les lauriers de ses victoires.

LFI mène une querelle intestine au PCF, voire une cabale personnelle contre F. Roussel. Le but ? Inverser les tendances internes du PCF et permettre la venue d'une ligne pro-LFI (à la Faucillon), grâce aux intimidations et aux coups bas. 

La note de blog datée du 25 septembre de Bompard, apparatchik en chef de la nomenklatura insoumise, est (sans doute involontairement) très révélatrice des dynamiques conflictuelles recherchées par LFI pour asservir à sa volonté la NUPES, quitte à sacrifier l'honneur du PCF, sensé être, dans ce cadre, son allié. Se présentant comme un papier défendant la nature pacifiste (voire paternaliste de LFI) au sein de la NUPES, presque chacune des phrases de Bompard commence par "Roussel", "Puis Roussel". Ce ne sont que des invectives déguisées en plaidoyer pour LFI. 

Pour un bref résumé de cette note de blog, nous noterons donc que F. Roussel est le responsable idéal à tous les maux de LFI : sa stigmatisation comme mouvement urbain et racial par l'extrême droite, sa nullité aux sénatoriales (en voulant imposer une liste commune de la NUPES, LFI a sabordé la coalition et fait perdre des sièges communistes pourtant presque assurés, comme dans les Hauts-de-Seine, en Essonne...). F. Roussel serait même coupable d'avoir été insulté de collabo par Chikirou ! Quand l'allégeance aliène la réflexion, on obtient ce genre de narratifs prodigieux. 

Jusqu'à quand, l'humiliation ? 

Malheureusement, le PCF et ses principaux dirigeants restent bien timides face aux invectives et ignominies propagées par LFI. La plupart des réactions officielles venant des rangs du PCF face à la comparaison à Doriot ne sont que des appels à l'union, au calme, ou des messages de soutien. Il fallait aussi attendre cet épisode tragique pour que L'Huma s'indigne de la hiérarchie interne de la NUPES : LFI avait fait le pas de trop. Quelques jours plus tôt, L'Huma invitait pourtant l'antisémite et anti-laïc Médine, lequel encouragea les chants anti-Roussel au sein même de la Fête de l'Huma... Les militants et adhérents du PCF méritent plus de respect.

Le PCF devrait s'armer des égarements idéologiques de LFI pour claquer la porte de la NUPES. Comment, de bonne foi, le leader d'un parti d'une vaste coalition peut-il accepter d'être traité de la sorte par le suzerain de l'alliance ? Mélenchon a instauré une vassalité malsaine au sein de la NUPES qui fait prévaloir le sectarisme de chacun et les petits arrangements électoraux répondant aux logiques de partis plus qu'à un combat d'union. 

Pourtant, quand on regarde les sondages, F. Roussel apparaît comme la personnalité de gauche préférée des Français. Le PCF est aussi le seul parti structuré de la gauche populaire souhaitant répondre aux réelles attentes des Français, démontrées par un sondage (L'Humanité), à savoir le pouvoir d'achat, l'insécurité et l'immigration. Questions qui intéressent aussi en premier chef les quartiers populaires (Enquête Cluster17 pour Marianne). 

LFI fustige en permanence le PCF, l'accusant de faire le jeu de l'extrême droite, au point de traiter son Secrétaire national de collabo. Cet épisode devrait servir de leçon. Peu importe ce que pensent les cadres arrivistes d'un parti embourgeoisé et pourrissant : l'essentiel est de capter les aspirations populaires et de tenter d'y répondre, en défendant les intérêts du peuple et des travailleurs. Dans ses Cahiers, Gramsci notait ceci : "Une fois admis que quoiqu'on fasse, on fait toujours le jeu de quelqu'un, l'important est de cherche de toutes les façons possibles à bien faire son propre jeu, c'est à dire à vaincre nettement". Le propre jeu du PCF consiste aujourd'hui à retrouver son indépendance, sa liberté de pensée, et sa capacité à fédérer autour de la véritable cause populaire. Quitter la NUPES et former, avec d'autres forces de gauche plus cohérentes et sérieuses (comme République souveraine de G. Kuzmanović), une alliance respectueuse est pour cela un impératif.  


La République Plébéienne 








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